tokyo 2020 tennis

Les Jeux Olympiques de Tokyo 2020 approchent à grand pas et comme ici on parle tennis on va évidemment aborder cet événement sous l’angle tennistique. Autant vous le dire tout de suite, les Jeux Olympiques et le tennis ce n’est pas vraiment une grande histoire d’amour, plutôt une relation de « je t’aime moi non plus ».

 

En effet, le tennis (simple messieurs d’abord) était bien présent aux premiers Jeux Olympiques modernes en 1896 mais a disparu après l’édition de Paris 1924. Il reviendra seulement officiellement en 1984, en démonstration, et sera considéré comme discipline olympique à part entière en 1988. Depuis, à chaque édition, les mêmes interrogations reviennent : le tennis est-il vraiment fait pour les Jeux Olympiques ?

Jeux Olympiques : un manque d’intérêt de la part des joueurs de tennis ?

Ces interrogations naissent d’un historique compliqué entre ce sport et les J.O qui, finalement, n’a été présent que lors de 8 olympiades différentes. Le tennis existe en dehors des Jeux grâce à ses quatre tournois du Grand Chelem, considéré comme des trophées plus prestigieux à gagner qu’une médaille d’or olympique. Par conséquent, le tennis ne fait pas partie de ces sports « têtes d’affiches » des J.O comme peuvent l’être les disciplines d’athlétisme, pour qui les jeux est la compétition ultime.

stade tennis jeux olympique

Conséquence directe ou indirecte, on constate parfois un manque de considération chez certains joueurs. Beaucoup voient les Jeux Olympiques comme une date en plus dans le calendrier qu’il faut caser entre Wimbledon et l’US Open. Certains invoquent toutes les raisons possibles pour déclarer forfait : en 2016, une poignée de joueurs comme Milos Raonic ou Simona Halep ont préféré ne pas faire le déplacement au Brésil en raison du virus Zika (oui, oui, souvenez-vous). D’autres joueurs à l’image de Dominic Thiem, n’ont pas caché leur désintérêt total pour la compétition. La raison ? Les J.O n’offrent ni prize money, ni points au classement ATP…

Tokyo 2020 : le COVID freine les stars

Et bien sûr en 2020, c’est un autre virus, bien connu de tous, qui refroidit les joueurs à ne pas faire le déplacement jusqu’au Japon. Plus que le COVID-19 en lui-même, les restrictions très strictes au niveau sanitaire et surtout l’absence de public a clairement entraîné quelques forfaits parmi les joueurs de tennis. Nick Kyrgios l’a avoué très honnêtement : il n’a pas envie de jouer ces Jeux Olympique dans un stade vide.

D’autres joueurs comme Rafael Nadal et Serena Williams n’y vont pas pour des raisons de fatigue et familiale mais auraient-ils fait l’effort de se présenter dans des conditions normales ? On se doute plus ou moins que les restrictions ont pesé lourd dans la balance au moment de faire une croix sur Tokyo.

serena jo 2012

 

Mais l’idée même que les joueurs et joueuses puissent faire l’impasse sur les Jeux Olympiques au gré de leur envie, fait que le tennis ne peut-pas être complétement un sport olympique. Déclarer forfait pour les J.O parce qu’on ne veut pas jouer à huis-clos, parce qu’on ne veut pas se fatiguer pour la suite de la saison ou parce qu’il n’y pas assez d’argent en jeu, ce n’est pas vraiment imaginable dans d’autres disciplines olympiques.

Une ligne de plus au palmarès

En soi, le problème est et restera le même : la médaille d’or olympique au tennis restera toujours un moyen de compléter un palmarès et pas de le constituer. Roger Federer et Novak Djokovic n’ont pas remporté la médaille d’or ? Peu importe, ils figurent tout de même parmi les meilleurs joueurs de l’histoire.

Le titre olympique au tennis ne sera jamais LA récompense ultime, celle qu’il faut à tout prix gagner comme dans d’autres sports. Si vous demandez à n’importe quel joueur s’il préfère gagner un Grand Chelem ou une médaille d’or sa réponse sera très certainement un Grand Chelem, car c’est ça le but du tennis c’est de gagner des grands chelems pas des médailles olympiques. En ce sens, le tennis ne sera jamais olympique dans les mentalités.

De l’émotion avant tout

Et pourtant, le tennis aux Jeux Olympiques nous offre aussi son lot d’émotions de surprise, comme n’importe quelle autre grande compétition. Pour ceux qui daignent y participer, le fait de jouer pour son pays, d’avoir l’occasion d’apporter une médaille de plus à sa nation est une grande source de bonheur. Rien qu’à Rio en 2016, le tennis nous a gratifié de quelques moments inoubliables : les larmes de Djokovic suite à son élimination, l’épopée incroyable de Del Potro, et la première médaille d’or de Puerto Rico glané par Monica Puig. Même pour Serena Williams, pour Andy Murray, les grands de ce sport qui ont déjà tout gagné, les J.O permettent de jouer pour quelque chose de plus grand que soi-même.

djokovic-rio-2016

Alors voici ce qu’on aimerait dire à tous ces joueurs qui ont du mal à se passionner pour les J.O : arrêtez d’être égoïste, arrêtez de pensez à votre argent, vos points de classement, arrêtez d’avoir une vision si étriquée du tennis. Les Jeux Olympiques sont simplement le plus grand événement de la planète. Rien n’est plus regardé que les Jeux, rien ne rassemble plus que les Jeux. Pourquoi refuser de prendre part au plus grand événement qui puisse exister quand votre sport vous offre cette opportunité ? Peu importe la dimension que les J.O ont dans le tennis, ce qui compte c’est le palmarès de votre pays, pas le vôtre. Alors oubliez, une fois tous les 4 ans votre individualité, et si vous avez la possibilité de gratifiez votre nation d’une médaille de plus, faites le.

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